La vie dans 17m3

Nous sommes actuellement à Puerto Natales, presque à la pointe Sud du Chili. L’un des membres émérites de l’équipage (moi) s’est cassé une côte dans une situation extrême, un contexte héroïque et une situation sanitaire précaire (soit en tombant sur une pièce métallique, en plein centre ville, à 500m de l’hôpital) : nous profitons ainsi de deux ou trois jours d’arrêt forcé devant la mer et les glaciers (et à côté d’une borne wifi) pour vous faire visiter notre petit chez nous et vous en dire plus sur notre vie quotidienne, comme plusieurs personnes nous l’ont demandé. Alors laissant les grands espaces pour un temps, je vous propose une plongée dans un univers (presque) nanométrique : notre vie dans 17m3.

Una mirada al interior de nuestro viaje. Primero una visita a la casa rodante « Bison ».

Encontramos mucha gente muy simpatica en Argentina y en Chile. Viajar con un camion es muy facil aqui, podemos dormir donde queramos, tomar agua en las estaciones de servicio o en los rios. Nos gusta mucho tener tiempo para viajar lento, disfrutar de los paisajes, hablar con personas que encontramos, jugar con nuestros chicos, leer, descubrir, caminar, etc. Cocinamos en la casa rodante porque la vida aqui es un poco cara (un poco màs que en Francia). Al lado del mar hemos comido buenisimos pescados y tambien ricas carnes de vaca. Limpiamos nuestra ropa en lavanderias, es màs pratico porque no tenemos lugar para secarla adentro. No manejamos mas que 1 o 2 horas por dià. Nos quedamos 1 o 2 diàs en los lugares que nos gustan màs. Hacemos un poco de bricolaje (ajustes o mejoras) en la casa rodante cuando tenemos tiempo para mejorar la vida adentro.

Chapitre 1 – Notre demeure

Petit tour du propriétaire home made tout d’abord, côté coulisse :

Chaque centimètre carré est mis à profit. On fait de menus aménagements en cours de route, on note ce qu’il faudra améliorer, ce dont on aurait pu se passer. Le chargement a été un peu complexe, d’autant qu’on avait très peu de temps et qu’on manquait d’expérience. L’idéal aurait été d’avoir plus d’une semaine de vie dans le fourgon avant de partir. Par exemple, nous avons acheté un coffre supplémentaire car nous avions peur de manquer de place, après plus d’un mois d’utilisation, on se rend compte que ce qui est dans le coffre ne sert que très peu et qu’il serait plus pratique de pouvoir ouvrir le fourgon par l’arrière.

Les deux lits superposés au fond, Apolline en Haut, Célestin en bas et une soute en dessous.

Le filet est ensuite fixé en bas du lit de Célestin pour l’empêcher de tomber la nuit… Monsieur bouge !

Salon, Salle à manger, lit en mezzanine mobile et poste de conduite ! Et j’ai oublié : cuisine.

La douche. Désolé pour l’éclairage !

Le calendrier au bout du lit d’Apolline.

Boutons de porte rétro.

Ceci dit, il ne s’agit là que de détails. Dans l’ensemble, tout fonctionne très bien et nous sommes très contents de notre maison mobile. Les enfants passent leur temps à faire des parcours de motricité à l’intérieur, Apolline se déplace de meuble en recoins sans toucher le sol tandis que Célestin se faufile dans les moindres interstices, et nous, on développe notre souplesse pour arriver à atteindre une assiette sans déplacer l’intégralité du personnel à bord. On ne souffre pas de l’étriquement, pour l’instant du moins, car on vit surtout à l’extérieur. On en reparlera peut-être après une semaine de pluie…

Chapitre 2 – Les auberges à la Grande Ourse

Novices dans le voyage motorisé, nous découvrons les nombreux avantages que cela offre : on peut s’arrêter pour préparer un repas devant une belle plage, dormir où bon nous semble, prendre une douche chaude le soir…Pour le moment, nous n’avons fait que des bivouacs libres, au bord d’un lac, dans un champ, sur des plages, dans des petits villages, des stations services quand on fait un grand trajet. C’est très facile ici, on peut dormir n’importe où, les gens ont l’habitude. On a intégré les gestes du quotidien en camping-car : prendre de l’eau (on en trouve très facilement pour le moment, principalement dans les stations essence YPF ou Petrobras, nos fidèles compagnes de voyage argentines qui nous offrent du carburant-ici il faut remplir dès que tu trouves une station disent les Patagons-, de l’eau, du Wifi et un gîte nocturne à l’occasion), vider le réservoir, brancher la batterie quand on roule, s’occuper des toilettes sèches, etc.

L’eau, c’est rigolo !

Recharge de gaz chez Millapi (prononcer Mijapi) en Argentine qui prendra 2-3 heures le temps de fabriquer des adaptateurs pour notre bouteille camping gaz française et notre bouteille Uruguayenne. Cela finira en longue soirée chez eux pour un barbecue argentin.

On utilise l’application « Ioverlander » qui répertorie des lieux de bivouacs et bon nombre d’informations pratiques à destination des voyageurs en véhicules, c’est une vraie mine qui nous fait gagner beaucoup de temps et nous simplifie la vie, tout comme la seconde application « Osmand » servant de GPS, carte touristique, etc.

Chapitre 3 – Coup de balayette

Les tâches domestiques quant à elle ont traversé l’Atlantique avec nous, ce n’est pas un scoop, et nos journées sont rythmées par les impondérables d’une vie de famille avec deux enfants en bas âge mais en version Polly pocket (oui, c’est une référence des années 90). Pour l’instant, on fait laver notre linge dans des laveries, ce n’est pas très cher (environ 5 euros pour une machine lavée, séchée, pliée) et c’est vraiment très pratique de pouvoir économiser du temps, de l’espace et de l’eau. Pour le reste, un sain retour à la simplicité, un coup de balayette et hop !

Chapitre 4 – Dans nos assiettes

On fait tous nos repas à domicile car les restaurants sont chers en Argentine (et on vient juste d’arriver au Chili, on ne sait pas encore). En fait, le coût de la vie (alimentation, essence, sorties, vêtements, etc) est même légèrement plus élevé qu’en France. On ne s’y attendait pas vraiment et si l’inflation continue à avoisiner les 25% annuels, l’Argentine va devenir une destination hors budget assez rapidement.

Bof !

On trouve très facilement supermarchés et supérettes dans n’importe quel village. La nourriture, en tout cas dans le Sud, est peu variée : de la viande de boeuf, du maïs, des pommes de terre et du maté, voilà l’essentiel. Le rayon légumes des supermarchés est minuscule et peu attrayant. Le reste est très industrialisé (impossible de trouver un yaourt nature par exemple). En bref, je suis en plein processus personnel de déboboisation accéléré (je n’ai même plus de pincement au coeur quand je jette papier, épluchures, verres et couches en même temps, je vais finir par vendre mon vélo en revenant en France…) pendant qu’Etienne essaye d’atteindre les moyennes nationales de consommation de viande rouge (environ 60kg par personne et par an).

Muy Bien ! Écrevisses poellées

Muy muy buenos calamares !

Sur la côté, on peut trouver du poisson frais et bon marché (à midi, c’était saumon sauvage pêché dans la nuit pour 7 euros le kilo…) mais il faut être un peu persévérant parce que le poisson est surtout destiné à l’exportation (pourtant, les premières civilisations ici se nourrissaient de la pêche, maintenant c’est plutôt asado-soda).

Chapitre 5 – Prendre le temps

Enfin, je ne pourrais pas vraiment donner une idée de nos journées dans la mesure où c’est très variable suivant la météo, l’humeur, l’endroit, les kilomètres à parcourir. Je peux simplement dire qu’on savoure le temps et qu’il est tellement bon de ralentir ! Nous sommes impressionnés par la capacité d’adaptation des enfants, c’est comme s’ils avaient toujours vécu en camping-car et en Amérique du Sud. Pour le moment, on ne prend pas réellement de temps spécifiques pour faire des activités « scolaires » avec Apolline parce que tout est occasion de découvrir et d’apprendre (et qu’elle aura bien le temps d’être assise derrière un bureau durant les 20 prochaines années…). Sinon, on va bientôt pouvoir proposer un Lonely Planet « Jeux pour enfants à travers l’Amérique du Sud ».

Voilà pour l’aperçu !

Bientôt des nouvelles de notre détour par le Parc chilien Torres del Paine ; on reprend la route du Sud dès que tout le monde peut renouer avec les secousses du ripio !

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8 réponses à La vie dans 17m3

  1. Christian Cadere dit :

    Aïe aïe aïe pour la côte cassée… Au moins pas de plâtre et pas d’immobilisation, même si ça peut faire très mal.
    Super intéressant cet article, cette plongée dans les entrailles de bison, et cet aperçu de votre quotidien. Vu de France ça parait très exiguë tout ça, enfin ça aurait aussi pu être « notre vie à Paris ».

    Ça a l’air très bon ce que vous cuisinez en tout cas, vous aurez peut-être aussi un livre de recettes de voyage à publier. Comment compenser les moults barbecues et tonnes de viande rouge pour garder un peu la ligne 😉

  2. Sophie. M dit :

    Comme tous les dimanches Rdv hebdo cafe et blog moment privilegie avec l Amerique du sud.
    Sympa la decouverte de votre quotidien.
    L amenagement de bison est super. bravo Etienne!!!
    Pour la cote repos repos. bisous. Soph

  3. Pascale dit :

    Bonjour la famille en vadrouille,
    que de bonnes et sympathiques nouvelles (sauf pour la côte… j’espère que vous allez mieux!). Ici, ce sont les vacances scolaires et je vais enfin avoir le temps d’écrire un article (profitez de cette vie au ralenti!! et effectivement, Apolline peut se passer d’activités « scolaires »…) Alors, à bientôt sur Hola l’école!

  4. aline dit :

    Bonjour à vous 4 !
    Bravo pour ce blog si bien rédigé et illustré, quel plaisir pour les voyageurs immobiles que nous sommes!
    Bon rétablissement à toi A., et au plaisir de vous lire de nouveau.
    Aline

  5. Limousin Michelle dit :

    Coucou les petits Français en vadrouille, nous nous sommes rencontrés ce fameux vendredi 13 chez Grimaud jour où rien ne nous a été épargné.
    Maintenant nous sommes un peu en avance sur vous,le 1er Fev à Ushuaia et maintenant à Esquel en dessous de Bariloche. Pour le wifi on court après et pas toujours terrible. Aujourd’hui le vent s’est calmé et une bonne température. Nous avons vu près de Chile Chico de magnifiques grottes mais un ripio terrible de 163 kms car elles se trouvent à Rio Tranquilo. Bon rétablissement

    • ea2c dit :

      Bonjour Michelle.

      Merci pour ces infos. Nous avions prévu d’aller voir ces grottes de marbres, de nombreux argentins rencontrés sur la route 3 nous l’ont recommandé.
      Mes parents viennent de nous rejoindre à Ushuaia. Nous partons après demain pour El chalten d’une traite avant de redescendre doucement à Puerto Natalès.
      Est-ce bien vous qui aviez un magnifique sprinter 3c à Montevideo ? Je me souviens plus de votre blog si vous en avez un.
      A bientôt peut-être sur les routes.
      Etienne

  6. Delphine M dit :

    Bison est top! Bravo Etienne et les petites mains pour la déco!!
    Les journées calmes et reposantes font carrément envie…loin des contraintes du quotidien!
    Profitez à mort!! et Repose-toi bien Amélie!!
    bises
    Delph

    • ea2c dit :

      Merci à tous, on n’a pas assez de bonnes connexions pour pouvoir répondre à chaque commentaire, mais ils nous font tous chaud au coeur et ils nous encouragent à continuer à prendre le temps d’alimenter notre blog ! N’hésitez pas !
      A bientôt,
      A

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