Derniers kilomètres sur la route 40

Et voilà, nous sommes en Bolivie ! Nous avons traversé la frontière à La Quiaca, la ville la plus au Nord d’Argentine et qui marque la fin de la plus longue route du monde, la route 40, après 5200km à travers le pays. Nous avons beaucoup aimé le Nord de l’Argentine, nous nous étions très peu projetés dans cette région qui a été pour nous une belle suprise. Des lamas, des Incas, des quebradas (gorges) : retour sur nos deux semaines passées dans les alentours de Salta qui nous ont aussi offert un beau terrain d’acclimatation à l’altitude.

Au fil de la route 40, nous avons visité les ruines de la cité diaguita (du nom du peuple pré Incas qui vivait dans cette région) de Quilmes, puis la jolie petite ville de Cafayate, au milieu des vignes et des montagnes rougeoyantes.

Nous nous sommes enfoncés dans la vallée Calchaquiès, sur un beau ripio de tôle ondulée et de sable qui louvoie entre des formations rocheuses dignes d’un hérisson sous le vent patagon : la quebrada de la flechas est parsemée de petits hameaux d’un autre âge qui plongent le voyageur poussiéreux dans le monde andin. C’est là que nous avons laissé la route 40 pour la retrouver à La Quiaca : le ripio est trop mauvais, sur plusieurs centaines de km et avoisine les 5000m d’altitude, ce qui demanderait une acclimatation trop longue pour nos chers bambins. Nous avons ainsi décidé de prendre l’option asphalte par la belle ville de Salta et les magnifiques quebradas de la Conchas et de Humahuaca, et nous ne l’avons pas regretté !

Les 3h de route qui séparent Cafayate de Salta commencent par un décor de western, un rio entouré de prairies passe entre les monts découpés de la quebrada de la Conchas, puis, en trois virages, la sècheresse laisse place à une végétation semi-tropicale : changement radical.

Nous avons passé deux jours à Salta, le temps de refaire une beauté à Bison, de visiter les ruelles aux bâtiments coloniaux de la capitale du Nord argentin et son musée de haute montagne. Ce dernier a été construit pour abriter les découvertes archéologiques faites il y a quelques décennies sur un sommet des Andes sacré pour les Incas, à plus de 6000m d’altitude. Les Incas, il y a environ 500 ans, y faisaient des sacrifices d’enfants pour s’attirer les bonnes grâces de leurs divinités. L’idée nous horrifie aujourd’hui mais c’était une pratique tout à fait admise à l’époque et les familles, souvent nobles, au sein desquels les enfants sacrifiés étaient choisis en tiraient honneur et gloire. Après un pélerinage festif jusqu’à Cuzco à travers le chemin de l’Inca, ils étaient amenés au sommet de la montagne dans un état d’ivresse profonde avec de nombreux et riches objets pour les accompagner dans leur voyage (un peu comme les momies d’Egypte). Ils étaient ainsi censés rejoindre directement des places de choix dans le panthéon inca. Les objets ont été retrouvés presque intacts. Le musée annonce aussi l’exposition de momies. On pensait ainsi voir des momies comme celle du Nord Chili, faites de bois et de terre, peu impressionnantes. En réalité, ici, ils exposent trois corps d’enfants sacrifiés, parfaitement conservés dans la glace depuis cinq siècles. Quand on arrive comme une fleur sans être trop renseigné, ça fait son effet et ça soulève des questions : dans une civilisation de la sépulture comme la nôtre, jusqu’où peut-on aller dans un but culturel, éducatif, historique ? On en vient à se dire que le barbare peut aussi être celui qui s’ignore…

En entrant dans la quebrada de Humahuaca, au Nord de Jujuy, on a eu l’impression de quitter l’Argentine, du moins celle que l’on connaît. Les visages, les silhouettes, les vêtements, les maisons en adobe, les rues poussiéreuses : tout témoigne de l’héritage indien encore très vivace. On se croirait déjà en Bolivie. On a profité de cette belle vallée pour s’acclimater lentement à l’altitude. De place de villages en bords de rivière, de 300m en 300m, nous sommes restés une semaine à flâner, à faire de menus travaux manuels, à acheter les premiers souvenirs, à discuter avec les gens car ici, on vit au rythme des Andes et rien ne presse, encore moins que dans le reste du pays (c’est dire !). Apolline est même allée à l’école (ce sera l’objet d’un article) tandis qu’Etienne s’est acheté une flûte des Andes et s’entraîne à jouer « El condor pasa » face aux cactus. La montée en altitude s’est ainsi faite sans encombre (jusqu’à 3500m pour le moment), ça valait la peine d’y aller tranquillement.

Après Humahuaca, la route entre dans la Puna, sur l’altiplano, entre 3500 et 3800m d’altitude. La Quiaca, ville frontalière avec Villazon, côté bolivien, est froide et poussiéreuse. Nous avons fait cette dernière étape en compagnie de deux autostoppeurs grenoblois de notre âge, Sophie et Sylvain, pour quelques jours ensemble dans le Sud bolivien, mais c’est une autre histoire…

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4 réponses à Derniers kilomètres sur la route 40

  1. Michel dit :

    Nous avons visité cette belle région de salta cafayate humahuaca en février
    C’est vrai que c’était magnifique
    Bon voyage

  2. Sophie. M dit :

    Cela faisait longtemps que je n avais pas lu vos post. Des photos toujours magnifiques et des commentaires que je lis avec plaisir.
    Bonne route en Bolivie. Soph

  3. Rita Mueller dit :

    Tolle Fotos!!!!

  4. Juanell dit :

    Maravillosas experiencias . y excelentes personas. abrazos desde la tierra de las Cataratas del Iguazu

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