La Grèce, d’Igoumenitsa à Monemvassia

Yassas ! Nous voici donc au pays de Socrate et de Sophocle. Depuis Brindisi en Italie, nous avons traversé l’Adriatique à bord du Minoan Line au charme suranné, au milieu des camionneurs albanais et d’un groupe de bikers italiens. Par chance, Poséidon était avec nous, la mer était d’huile et nous avons pu faire une courte mais bonne nuit dans nos cabines, bercés par le roulis de la mer. Au petit matin, Aurore aux doigts de rose s’est levée sur un dédale d’îles ioniennes, Corfou notamment, qui nous a menés à Igoumenitsa, à la frontière albanaise. Nous avons descendu la côte ionienne en quelques jours, au gré des plages et de beaux bivouacs, jusqu’à Patras et le Péloponnèse.

Le Péloponnèse est toujours aussi beau, d’autant que nous avons eu la chance d’arriver en même temps que ce que les Grecs appellent les « alkyonides days », les belles journées au cœur de l’hiver, ce qui nous a permis de faire quelques brasses à l’occasion. Nous avons commencé par la visite d’Olympie. C’est un site très calme, les vestiges ne sont pas spectaculaires mais on peut s’imaginer la foule acclamant les athlètes et l’ambiance des jeux panhelléniques. On a fait une petite course de fond dans le stade pour faire de l’Histoire incarnée – et essoufflée.

l’Hermès de Praxitèle

Il y a beaucoup de voyageurs en campers ici, des Allemands surtout, mais aussi des Français. Grâce au beau temps, on a pu passer quelques soirées au coin du feu, notamment à Elea Beach. Une famille allemande croisée vers Patras nous en avait parlée : ils pensaient y passer une demi-journée et ils étaient restés neuf moi là-bas. C’est une plage de 3km, dans une réserve naturelle qui accueille la reproduction de tortues à la belle saison. Elle est en libre accès pour les voyageurs. Par curiosité, nous y sommes allés et, au milieu de camions allemands plus exotiques les uns que les autres, nous avons rencontré deux familles françaises qui voyagent quelques mois comme nous. On a partagé une belle soirée autour d’un feu de camp, à faire griller des saucisses et des chamallows, en parlant itinéraires (de GPS, de voyage, de vie), points d’eau potable, beaux bivouacs, cours de grammaire et réduction de fractions, pannes mécaniques et sites archéologiques. Les enfants étaient ravis d’avoir de nouveaux camarades de jeu.

Nous sommes ensuite allés sur la seconde pointe du trident du Péloponnèse, à Gythio. C’est un charmant petit port de pêche d’où partent les bateaux pour Cythère et la Crète. Quelques jours auparavant, au gré des conversations, on s’était dit qu’on était quand même proches de la Crète et qu’une visite de l’île des dieux nous tentait bien. Notre billet était réservé et le matin nous apprenons que le bateau a rencontré un récif la veille qui l’a envoyé directement au chantier naval pour réparation. Changement de programme (mais à vrai dire, on voyage justement pour ne pas avoir de programme), on décide de reporter la traversée, en partant plutôt du Pirée, vers Athènes et directement pour Héraklion, en se réjouissant au passage de ne pas avoir été à bord du bateau au moment de l’expérience « Titanic » de la coque contre un récif. L’embarquement pour Cythère en revanche, ce ne sera pas pour ce voyage.

De Gythio, nous sommes entrés dans les terres du Magne jusqu’au Cap Tenaro, le bout de la seconde pointe du trident du Péloponnèse donc. C’est une région très sauvage, qui a vécu un peu coupée du monde du fait de la topographie. Elle est parsemée de villages dans lesquels les habitants avaient construit des tours défensives en pierres de taille parce qu’ils avaient l’habitude de se livrer à des guerres sanglantes. L’exode rural a été massif au 20ème siècle et la région est restée jusqu’à ces dernières années en retrait du tourisme de masse. L’atmosphère fait penser à Crozon ou au pays de Galles, c’est assez étonnant. On a un peu l’impression d’être arrivés au bout du monde.

Enfin, sur la troisième pointe du trident, nous avons visité Monemvassia, petite cité fortifiée, vénitienne et byzantine, accrochée à son rocher dans une large baie. Nous étions presque seuls dans la vieille ville, dans les églises médiévales et les ruelles pavées.

Il est vraiment très facile de voyager en Grèce à cette saison, on peut dormir presque partout, on trouve de l’eau régulièrement, il y a des stations-service tous les 3 kms (j’exagère à peine, c’est une vraie passion ici, on voit des stations tout le temps), les gens parlent bien anglais. Tous les Grecs que l’on rencontre sont très chaleureux et accueillants, notamment avec les enfants. Les nôtres se font pincer les joues par de vieilles dames attendries très régulièrement. Les trois aînés détestent cela bien sûr tandis que Mahault semble s’en réjouir. Les routes sont plutôt en bon état. Surtout, les aliments grecs ravissent nos papilles : les olives et les oranges sont délicieuses, les enfants savourent leurs goûters baklavas et les parents les poissons frais. Bref, on va rester un peu…

La suite : l’Arcadie et l’Argolide, de Mystra à Corinthe.

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2 réponses à La Grèce, d’Igoumenitsa à Monemvassia

  1. Lyonnet Denise dit :

    Bravo #

  2. Lyonnet Denise et Didier dit :

    Bravo ! Quel plaisir de vous lire ! Et les photos sont très belles ! ❤
    plaisir augmenté du fait de reconnaître certains lieux, découvrir des prises d’angle différentes… J’ai hâte de lire la suite !
    Pour mémoire on s’est rencontrés entre Mystra et Sparte…
    Nous sommes à Patras, bye bye magnifique Péloponnèse !
    Nous avons prévu, avant de rentrer, Delphes et les météores…
    Bonne continuation et au plaisir de vous lire encore !
    Denise et Didier, les Ligériens…

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